Identifier les causes de l’oxydation prématurée : origines et facteurs clés
Pour agir, mieux vaut comprendre les ennemis du Chardonnay : l’oxygène mal géré, bien sûr, mais aussi certains choix au chai et dans la vigne. Voici les points sensibles identifiés par de nombreuses études techniques et retours d’expérience bourguignons.
1. La réduction de l’usage du soufre
Sous l’impulsion d’une quête d’authenticité, le monde du vin réduit depuis 30 ans les doses de SO2 (soufre), cet antioxydant naturel. Si l’intention est louable, et plus respectueuse du consommateur, elle expose aussi le vin à des risques accrus d’oxydation en l’absence d’autres barrières protectrices (Jérôme Pélus, revue "Le Vigneron Bourguignon", 2019).
2. L’impact du bois neuf et du mode d’élevage
Le fût n’est pas seulement un contenant : c’est un “poumon”. Un fût neuf laisse passer davantage d’oxygène qu’un fût de plusieurs vins, et le choix du tonnelier, de la chauffe et du mode d’entonnage façonne l’équilibre du vin.
- Un élevage prolongé ou en bois très neuf = plus d’apports d’oxygène.
- Des ouillages irréguliers (manque de vin complétant l’évaporation naturelle) exposent le vin à l’air.
- Les Ouillages fréquents mais faits sans précautions peuvent également provoquer des chocs oxydatifs.
3. Les pratiques dans le vignoble
La réduction des traitements anti-botrytis, le raccourcissement des temps de pressurage ou le tri plus léger sur la vendange ont tendance à abaisser la concentration naturelle en polyphénols antioxydants, fragilisant le vin à long terme (cf. InterBeaujolais, 2016).
4. L’influence des bouchons
Dernier facteur mais non le moindre : la qualité et la porosité des bouchons. Les lot de bouchons naturels peuvent présenter des perméabilités variables à l’oxygène : un bouchon légèrement trop perméable, et l'oxydation guette.