Comprendre l’élevage en fût neuf : tradition, évolution et enjeux contemporains
La Bourgogne, et précisément la Côte de Beaune, évoque immédiatement le Chardonnay. Entre les mailles serrées des vieilles pierres des caves et les senteurs de bois blond qui emplissent l’air à Meursault ou Puligny-Montrachet, le fût de chêne neuf apparaît comme une pièce centrale de l’identité stylistique des vins blancs. Mais, derrière cette tradition apparemment immuable, se cache une alchimie subtile : comment et pourquoi l’élevage en fût neuf influence-t-il « la patte » d’un Chardonnay de la Côte de Beaune ?
Pour comprendre cette question, il faut d’abord remonter à l’origine du choix du contenant. La Bourgogne a opté pour de petites barriques (228L, la « pièce » bourguignonne), souvent en chêne français, principalement de l’Allier, du Limousin ou de la forêt de Tronçais. Le chêne neuf renferme des tanins nobles, des composés aromatiques et une porosité qui vont façonner le vin, de ses arômes primaires jusqu’à sa texture. Mais tout n’est pas affaire de tradition : le style bourguignon évolue, et l’emploi du bois neuf à tout va n’a plus la même aura ni la même justification qu’auparavant.
Voyons, en détail, les mécanismes et conséquences variées de l’élevage en fût neuf sur le Chardonnay de la Côte de Beaune, en s’appuyant sur l‘avis de vignerons, d’œnologues et de dégustateurs reconnus (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, Bourgogne Aujourd’hui).