Quand la cartographie rencontre la dégustation : anecdotes et découvertes
Un grand sommelier bourguignon disait : « Avant de boire le vin, apprenez à lire le paysage, et vous comprendrez ce que vous dégustez. » En visite sur les hauteurs de Meursault, difficile d’oublier ce matin de printemps : sur deux rangs de vignes, espacés de 25 mètres, la pente changeait brutalement. Résultat ? Deux vins issus de la même parcelle, mais un sol plus calcaire dans le haut, plus argileux dans le bas : l’un donnait un Meursault tendu, minéral, l’autre plus riche et mûr, moins tranchant.
Les cartes topographiques révèlent aussi les anecdotes qui construisent le prestige d’une appellation. Qui aurait cru que le Clos des Lambrays, Grand Cru de Morey-Saint-Denis, tire sa personnalité des « marches » naturelles qui fragmentent son sol en étroites terrasses, accentuant la complexité et l’hétérogénéité du vignoble ? C’est en superposant la carte IGN et celle du cadastre que l’on comprend ce patchwork, resté inchangé depuis le XIIIe siècle selon les archives locales.