Vignoble et vinification : un laboratoire d’exigence
Travailler un tel solinet n'admet aucune approximation. Toutes les interventions sont manuelles, et la famille Liger-Belair a toujours privilégié dans la vigne une agriculture proche du biologique. Aucun pesticide de synthèse n’y est utilisé depuis plus de vingt ans. Labours au cheval, vendanges en petites cagettes, tris sévères : tout vise à ne sélectionner que le meilleur.
Côté cave, la vinification suit une philosophie minimaliste. Chaque millésime est unique et exige une adaptation spécifique :
- Maceration pré-fermentaire à froid pour favoriser les arômes les plus purs du pinot noir.
- Fermentation en cuves bois ou inox, levures indigènes, sans chaptalisation sauf cas extrême.
- Élevage de 14 à 18 mois en fûts, dont 80% neufs dans les années riches : le bois doit sublimer sans jamais dominer.
Ce travail d’orfèvre limite volontairement les rendements à environ 22-25 hl/ha, soit nettement moins que les 35 hl/ha autorisés par le cahier des charges des Grands Crus. Ici, la main de l’homme s’efface au profit du terroir — chaque bouteille raconte, millésime après millésime, la singularité de son lieu d’origine.
Après dix ou quinze ans d’attente en cave, La Romanée déploie alors ses notes éclatantes : fruits rouges mûrs, violette, réglisse, truffe, rose ancienne, sous-bois… Avec, toujours, cette touche cristalline et aérienne qui fait sa signature.