L’exemple bourguignon : tradition revisitée par la technologie
En Bourgogne, la beauté du paysage cache une mosaïque insoupçonnée de sols : argiles à chailles dans les grands crus de Gevrey-Chambertin, marnes du Callovien à Meursault, graveleux sur Puligny-Montrachet, etc. Le vignoble fait figure de pionnier — chaque domaine de renom (Domaine Leflaive, Domaine de la Vougeraie, Comte Liger-Belair…) fait intervenir pédologues et géologues pour révéler, parfois au centimètre près, les délimitations de leurs plus belles cuvées.
La précision atteint parfois des sommets. Sur le fameux climat des Ruchottes-Chambertin, des analyses ont révélé des variations de profondeur du sol allant de 30 à 90 cm sur quelques mètres, justifiant pour certains un tri parcellaire lors des vendanges.
Cette approche ultra-qualitative n’est pas réservée à l’élite. Le Groupement d’Étude et de Suivi des Terroirs (GEST) propose depuis 2010 des études mutualisées, permettant aux jeunes vignerons comme aux familles installées de bénéficier de ces avancées, et d’éviter certains écueils lors de replantations (source : Groupement GEST, 2022).