Pourquoi ce choix s’impose-t-il à de plus en plus de domaines ? Les raisons profondes
1. La recherche d’authenticité et de terroir
Le rêve le plus partagé en Bourgogne ? Que le vin parle de son sol, de sa lumière, du vent de l’été 2022 ou de l’humidité d’octobre. Les vinifications peu interventionnistes sont perçues comme un moyen de faire “remonter” le terroir dans la bouteille, sans filtre ni artifice. La diversité des terroirs bourguignons est sans égal : six régions, des centaines de climats, une mosaïque de parcelles souvent minuscules. Laisser œuvrer la nature, c’est offrir une chance à chaque micro-terroir de s’exprimer pleinement (source : BIVB).
2. Respect du vivant et préservation de la biodiversité
Ce n’est pas qu’affaire de goût : moins d’intrants, c’est aussi moins de pollution dans les sols, donc plus d’organismes vivants, faune et flore. Les domaines qui s’engagent dans cette voie mêlent souvent vinifications douces, viticulture biologique et gestion respectueuse des ressources naturelles (cf. Département Côte-d’Or).
3. Une démarche liée à l’histoire… et aux évolutions techniques
La vinification “naturelle” n’est pas nouvelle : c’est, historiquement, la seule voie possible avant l’industrialisation du secteur. Mais le savoir-faire d’autrefois avait ses aléas, et les techniques modernes (filtration, maîtrise des températures, collage…) ont longtemps séduit par leur fiabilité et leur sécurité. Aujourd’hui, nombre de vignerons cherchent un équilibre entre tradition et meilleure connaissance des risques ; ils profitent des analyses fines pour oser des vinifications brutes, mais surveillées comme le lait sur le feu.
4. L’influence de la demande des consommateurs
La montée en puissance des vins “vivants”, portés par une clientèle curieuse et hédoniste, a joué un rôle décisif. Les acheteurs — restaurateurs, sommeliers, particuliers — demandent de plus en plus des vins “non standardisés”, qui vibrent en bouche, qui racontent une histoire. On observe en Bourgogne (et ailleurs) un engouement fort pour les domaines en démarche “nature” : c’est le cas du Domaine Prieuré Roch, ou du Domaine de la Tournelle, dont les cuvées sont particulièrement recherchées par les amateurs.