Une hiérarchie rapportée par l’histoire
La classification des Grands Crus n’est pas née d’un décret administratif, mais de la tradition et de l’observation empirique. Jusqu’à la Révolution française, ces terres étaient propriétés des abbayes ou de grandes familles. Après le morcellement révolutionnaire, le cadastre de 1861 recense pour la première fois, dans la Côte d’Or, ces fameux “climats” dont la réputation de qualité était déjà faite.
Différemment de Bordeaux, où le classement de 1855 dépend avant tout de la réputation commerciale, la hiérarchie bourguignonne s’appuie sur le goût, la constance qualitative, et une “mémoire sensorielle” collective transmises de génération en génération.
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33 Grands Crus actuels : dont 24 rouges, 8 blancs et 1 mixte (Musigny), tous localisés entre Gevrey-Chambertin et Chassagne-Montrachet, plus Chablis Grand Cru et Corton (pour les rouges et blancs).
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Des parcelles minuscules : la Romanée-Conti (1,8 ha), La Tâche (6,1 ha), Montrachet (8 ha) – ce sont parmi les plus petits Grands Crus du monde.
Le morcellement fait qu’un même Grand Cru, comme Clos de Vougeot (50 hectares), compte des dizaines de propriétaires et donc d’interprétations différentes de la même parcelle : c’est là la magie et la complexité bourguignonne.