Travailler la vigne autrement pour anticiper l’évolution des sols
Entretenir la vie organique : humus, couverts végétaux et aggradation
L’une des premières mesures phare, adoptée par près de 65% des domaines de Côte d’Or (données CA21, 2023), a été le développement des couverts végétaux et la réduction du travail du sol en profondeur. Pourquoi ?
- Maintenir ou augmenter la matière organique, clef de la structure des sols et de leur résilience face à la sécheresse
- Favoriser la biodiversité souterraine, indispensable au bon développement de la vigne
- Limiter l’érosion, le ruissellement et la battance en conservant un tapis végétal permanent en hiver
Des essais sur la colline de Corton (source : IFV Bourgogne, 2022) ont montré que l’enherbement total permet de diviser par trois les pertes de terres après un orage violent : on parlait de 6 à 8 tonnes de terre contre 20 à 25 tonnes/hectare auparavant.
Restaurer le sol par l’aggradation : la “bio-reconstruction”
Plutôt que de compenser la dégradation du sol par des apports massifs (composts, amendements), plusieurs domaines pionniers optent pour la bio-reconstruction. Exemples :
- Apports légers mais fréquents de compost de fumier local, “homéopathiques”
- Rotation des cultures sur les parcelles en jachère, type moutarde ou féverole, apportant azote et racines décompactantes
- Semis de légumineuses même sur rangs plantés, pour capter jusqu’à +40kg d’azote/ha/an et limiter ainsi les apports de synthèse
Cette approche offre aux vignerons la possibilité de régénérer un sol vivant, plus solide face aux caprices futurs du climat et de la structure géologique.